Le Passe-Partout
167, route Pierre-Laporte
Cowansville QC J2K 2G3

Tél. : (450) 260-1678
info@passepartout.ca

 



Le samedi 14 décembre 2002
Le Passe-Partout, une adresse à retenir
Michèle Boisvert

Il y a toujours une certaine appréhension à partir sans savoir au juste ce qui nous attend, une fois rendu à destination. C'est un sentiment qui n'est pas nécessairement désagréable. On est à la fois fébrile, tout disposé à se laisser séduire, et inquiet. Et si on allait être déçu?

Le risque en valait la chandelle. Notre séjour au Passe-Partout, une auberge appartenant à Claire Desaulniers et Sophie Lanctôt, s'inscrira parmi nos beaux souvenirs.

Parlons d'abord de Cowansville, la ville où notre auberge a pignon sur rue. Pour tout vous dire, je ne connaissais Cowansville que de nom, et j'avais la vague impression qu'il s'agissait d'une ville industrielle plutôt terne et sans histoire. Je m'étais joliment trompée.

Cowansville a une histoire et tout un patrimoine architectural qui en témoigne. Vous n'avez qu'à vous promener rue Principale, ou pousser une pointe vers la rue Mooney, pour être séduit par la beauté des demeures de styles victorien, néogothique ou Second Empire, datant de la fin du XIXe siècle.

Cowansville doit son nom à Peter Cowan, un marchand de Montréal qui vint s'établir dans cette ville des Cantons-de-l'Est en 1836, alors qu'il n'y avait que quatre maisons. En 1839, il ouvrit le premier bureau de poste de la place sous le nom de Cowansville. La ville, qui est aujourd'hui industrielle et commerciale, compte 12 500 habitants. La maison de Peter Cowan existe toujours, bien campée au 245, rue Albert.

Agréablement surprise par Cowansville, j'allais être totalement séduite par le Passe-Partout, une maison datant de 1865 en briques rouges avec une immense galerie qui la ceinture, soutenue par des colonnes blanches.
Déjà, au moment de réserver notre chambre, j'avais apprécié la voix chaleureuse de ma future hôtesse et son empressement à me rendre service.

«Voulez-vous que je réserve pour vous dans un restaurant avant votre arrivée, m'avait gentiment offert Sophie Lanctôt. Vous voulez faire du ski? Je peux vérifier pour vous quels sont les centres actuellement ouverts.»
En arrivant sur place, l'endroit m'a plu au premier coup d'oeil. Sophie Lanctôt nous a ouvert la porte, un accueil qui ne démentait pas la chaleur de sa voix au téléphone. Je me suis sentie immédiatement à l'aise.

Il est vrai que j'ai un faible pour les vieilles maisons. Claire Desaulniers et Sophie Lanctôt aussi, et ça se sent. Tombées sous le charme de cette propriété, ces deux femmes, l'une professeure de français, l'autre réviseuse et correctrice d'épreuves ont quitté Montréal, en mars 2001, pour venir s'établir à Cowansville et s'initier au métier d'aubergiste. Un métier qu'elles exercent avec beaucoup d'aisance.

Dès l'entrée, on est frappé par la beauté des planchers et de l'escalier en bois. De part et d'autre de l'escalier se trouvent deux petits salons, l'un avec un piano, l'autre avec de très beaux livres. En fait, tout est beau. Les meubles, les lampes, les bibelots, les tapis, c'est un véritable plaisir, peu importe où l'on pose les yeux.

Pour le souper, nous aurions pu choisir le McHaffy, l'une des meilleures tables du Québec, nous a assuré Sophie Lanctôt. Mais comme notre fillette de six ans nous accompagnait, nous avons opté pour La Fine Gueule, un bistrot fort sympathique de la rue Principale.

Au retour, après avoir flâné dans les salons, nous sommes montés à notre chambre. Le Passe-Partout en compte quatre, deux avec salle de bains privée, et deux qui se partagent une salle de bain commune. Notre chambre, tout comme le reste de la maison, avait une touche particulière. Elle comptait deux lits, un très grand et l'autre, parfait pour notre fille.
Après une bonne nuit de sommeil, c'est elle qui nous a réveillés. Il avait neigé toute la nuit, et le spectacle qui s'offrait à nous, par la fenêtre de notre chambre, était tout simplement ravissant. Tout était blanc, les branches des énormes sapins ployaient sous la neige. C'était vraiment féerique.

En bas, le petit-déjeuner nous attendait. Sur la table était posée une nappe jaune, aux couleurs de la Provence. La vaisselle était de porcelaine et les couverts en argenterie. Difficile de ne pas tomber sous le charme.
On aurait voulu rester plus longtemps. Mais notre fille avait hâte de faire du ski. En quittant le Passe-Partout, nous nous sommes dit cependant qu'on allait certainement y retourner.

® Le Passe-Partout 2002